Mon père ce zéro

Mon père, enfin plutôt mon géniteur car c’est à peu près tout ce qu’il a été pour moi.

Mes parents ont divorcés quand j’avais environ deux ans et demi, mon père avait un droit de visite libre (ce qui veut dire qu’il pouvait venir nous voir quand il voulait),

Je pense qu’il n’a compris que le mot libre car il n’est jamais venu me voir ni me chercher pour un week-end.

Ma tante (sa sœur) pensant que ma mère l’empêchait de nous voir a demandé un jour à mère si elle pouvait nous prendre mon frère et moi pour la journée, ma mère a dit oui.

Ma tante a téléphoné au zéro lorsque l’on était chez elle, il est passé cinq minutes et est reparti, elle a donc compris que c’était son connard de frère qui se foutait royalement de nous.

Bien évidemment il ne donnait pas de pension à ma mère, il préférait dépenser son argent au café du coin.

Des années plus tard, nous étions allés voir quelqu’un de notre famille qui était hospitalisé (j’avais environ 15 ans), la nouvelle femme du zéro était hospitalisée dans la chambre, le hasard fait bien les choses me diras-tu ou pas, il a reconnu ma mère (je l’ai vu à son regard fuyant dirigé sur ses pompes). A cette époque j’avais encore envie de lui parler, de lui trouver des excuses pour tout ce qu’il n’avait pas fait. Je suis donc sortie dans le couloir, me disant qu’il n’oserait pas venir me voir devant ma mère et j’ai attendu, attendu, et il n’est pas venu ce connard.

A partir de ce jour je me suis dit que je n’attendrai plus rien de lui et je l’ai rayé de ma vie.

Mon frère ( qui avait 24 ans) passait le voir, il lui avait présenté sa femme, son fils (il était beaucoup moins rancunier que moi), mais moi je me suis dit qu’à partir de ce jour il n’existait plus pour moi.

Il y a quelques années j’ai appris qu’il était décédé, par un notaire, il s’était remarié et avait eu un fils, le notaire m’avait appelé car j’avais des droits sur sa bicoque toute pourrie, la bonne blague.

La maison tombait en ruine, sa nouvelle femme en avait l’usufruit jusqu’à sa mort et si j’acceptais ma misérable part je devais en contrepartie payer s’il y avait des gros travaux à faire, et vu l’état de la maison il y en aurait des travaux. J’ai donc refusé. Il avait un compte à la banque et un livret qui étonnement avait été vidé quelques temps avant qu’il ne décède.

Et dans la famille pourrie de chez pourrie je voudrais la grand-mère ! Cette charmante vieille morue à dit au notaire que le zéro n’avait pas d’autre enfants que celui qu’il avait eu avec sa nouvelle femme ! Et tiens en parlant de celle-là j’avais environ 10 ans j’étais avec ma mère et on l’a croisé, ma mère m’a dit va dire bonjour à ta grand-mère, je me suis approchée et elle m’a dit : tu es qui toi ? Pourtant je ressemble physiquement beaucoup à mon père et elle avait reconnu ma mère et devait donc se douter qui j’étais.

Des années plus tard, j’étais sur un groupe de discussions concernant la ville de mon enfance, j’ai mis une photo de la bicoque et il y a eu un commentaire sur cette photo, une personne qui en interpellait une autre pour lui dire : regarde Gérald c’est ta maison.

A quoi j’ai répondu que c’était ma maison d’enfance et que je n’avais pas de frère qui s’appelait Gérald, ledit Gérald n’a rien dit (autant de courage que son zéro de père celui-là).

Et en fouinant sur le net j’ai trouvé ce fameux Gérald,  et tu sais quoi il habite  dans la même petite ville que moi !

Heureusement ma mère a trouvé un autre compagnon, qui a été un vrai père pour nous, un homme bon et gentil toujours là pour nous. Même si petite je ne voulais pas l’embrasser et que je ne l’ai jamais appelé Papa. Depuis que je suis adulte je j’appelle Papa car pour moi c’est lui mon père, c’est lui qui s’est occupé de moi, comme un vrai père l’aurait fait.

Parce que être père ce n’est pas juste faire des enfants mais c’est les assumer et être là pour eux.

 

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